Le métier d’AESH s’ouvre à des profils variés, avec ou sans diplôme initial, mais suivre une formation adaptée facilite considérablement votre recrutement et votre réussite sur le terrain. Accompagner des élèves en situation de handicap demande des compétences humaines, une connaissance du cadre scolaire et une bonne dose de patience. Ce guide détaille les parcours possibles, les formations disponibles, les attentes concrètes du métier et les perspectives d’évolution. Que vous soyez en reconversion ou en début de carrière, vous trouverez ici les clés pour construire un projet professionnel solide et vous préparer efficacement à votre future mission d’accompagnement.
Comprendre le métier d’AESH et les attentes du recrutement

Avant de vous lancer dans une formation AESH, prenez le temps de bien comprendre le rôle, les missions quotidiennes et le cadre d’emploi. Cette étape vous permet de vérifier que le métier correspond à vos attentes et de cibler les compétences à développer. Connaître les critères de recrutement de l’Éducation nationale vous aidera aussi à préparer au mieux votre candidature et à anticiper les réalités du terrain.
Les missions concrètes d’un AESH au quotidien auprès des élèves en situation de handicap
L’AESH intervient directement auprès d’élèves présentant des besoins spécifiques liés à un handicap physique, cognitif, sensoriel ou psychique. Au quotidien, vous aidez l’élève dans ses déplacements, l’installation en classe, la manipulation du matériel scolaire ou encore la prise de notes. Votre rôle va au-delà de l’aide matérielle : vous facilitez la communication entre l’élève et l’enseignant, reformulez les consignes si nécessaire et favorisez les interactions avec les camarades pour encourager l’inclusion.
Chaque situation est unique. Un élève autiste nécessitera peut-être un accompagnement sur la gestion des transitions et des émotions, tandis qu’un élève en fauteuil roulant aura besoin d’aide pour accéder aux différents espaces de l’établissement. Vous travaillez toujours en lien avec le projet personnalisé de scolarisation (PPS) de l’élève, document qui définit précisément vos missions et vos limites. L’enseignant reste responsable des apprentissages, vous êtes là pour rendre ces apprentissages accessibles.
Quelles compétences humaines et professionnelles sont réellement attendues des AESH recrutés ?
Les recruteurs recherchent avant tout des personnes capables d’écoute active, de patience et de stabilité émotionnelle. Vous devrez gérer des situations parfois difficiles, comme des crises comportementales ou des moments de découragement, sans vous laisser déstabiliser. La capacité à observer finement les besoins de l’élève et à adapter votre posture en temps réel est essentielle.
Sur le plan relationnel, la coopération avec l’équipe éducative est primordiale. Vous échangez régulièrement avec les enseignants, les directeurs d’établissement, les familles et parfois les professionnels de santé (orthophonistes, psychologues). Une communication claire, bienveillante et respectueuse des rôles de chacun facilite grandement le travail. La discrétion professionnelle est également une exigence forte : vous serez amené à connaître des informations sensibles sur les élèves et leurs familles.
Enfin, les recruteurs apprécient les candidats qui comprennent les contraintes du métier et montrent une motivation à long terme. Accepter des horaires morcelés, des déplacements entre plusieurs établissements et un salaire modeste en début de carrière témoigne d’un engagement réaliste.
Statut, salaire et conditions de travail : à quoi vous attendre comme AESH ?
Les AESH sont généralement recrutés en contrat de droit public, souvent à temps incomplet (entre 60 % et 100 % d’un temps plein). Le salaire mensuel brut en début de carrière tourne autour de 1 100 à 1 300 euros pour un temps partiel, avec une évolution progressive grâce aux échelons et à l’ancienneté. Depuis 2025, plusieurs académies ont amélioré les grilles salariales et proposent des contrats plus stables, mais les disparités locales persistent.
Vous travaillez sur le rythme scolaire, avec des périodes de vacances non rémunérées si votre contrat est annualisé. Les horaires peuvent être morcelés dans la journée (quelques heures le matin, quelques heures l’après-midi) et répartis sur plusieurs établissements, ce qui implique des déplacements fréquents. Cette mobilité, parfois difficile à gérer sans véhicule, fait partie des contraintes à anticiper.
Le cadre de travail varie aussi selon que vous accompagnez un seul élève (AESH-i) ou plusieurs élèves dans une même classe (AESH-m), voire au sein d’un dispositif collectif comme une ULIS. Chaque formule a ses avantages et ses défis : l’AESH-i développe une relation de proximité forte avec un élève, tandis que l’AESH-m apprend à gérer plusieurs profils simultanément.
Parcours pour devenir AESH et formations exigées ou recommandées

Le métier d’AESH est accessible sans diplôme élevé, mais certaines formations facilitent clairement votre recrutement et votre efficacité sur le terrain. Cette partie détaille les conditions officielles d’accès, les diplômes valorisés et les parcours types selon votre situation. Vous saurez ainsi quel chemin emprunter, que vous soyez jeune diplômé, en reconversion ou déjà engagé dans le secteur social.
Quelles sont les conditions d’accès et qualifications minimales pour devenir AESH ?
Pour postuler comme AESH, l’Éducation nationale exige au minimum un diplôme de niveau 4, c’est-à-dire le baccalauréat ou un titre équivalent. Si vous ne disposez pas de ce diplôme, vous pouvez tout de même candidater en justifiant d’une expérience professionnelle d’au moins neuf mois dans l’accompagnement de personnes en situation de handicap. Cette expérience peut avoir été acquise dans un établissement spécialisé, en milieu associatif ou en tant qu’assistant de vie.
Vous devez également posséder la nationalité française ou celle d’un État membre de l’Union européenne, ou disposer d’un titre de séjour en règle. Un casier judiciaire vierge de condamnations incompatibles avec l’exercice du métier est indispensable, car vous travaillez auprès de mineurs. Enfin, une bonne maîtrise du français est nécessaire pour communiquer avec les élèves, les familles et l’équipe éducative.
Certaines académies organisent des campagnes de recrutement spécifiques et proposent parfois des postes en contrat aidé ou en CDD pour débuter. Une fois recruté, vous bénéficiez d’une formation d’adaptation à l’emploi, mais arriver avec un bagage initial facilite grandement vos débuts.
Diplômes utiles pour AESH : CAP AEPE, DEAES, titres professionnels et autres options
Plusieurs diplômes du secteur social ou médico-social sont particulièrement valorisés pour devenir AESH. Le DEAES (Diplôme d’État d’Accompagnant Éducatif et Social), par exemple, apporte des compétences solides sur l’accompagnement des personnes en situation de handicap, la communication adaptée et la posture professionnelle. Il se prépare en alternance ou en formation continue et peut être obtenu par la validation des acquis de l’expérience (VAE).
Le CAP AEPE (Accompagnant Éducatif Petite Enfance) est également un atout, surtout si vous envisagez d’accompagner de jeunes élèves en maternelle ou en élémentaire. Ce diplôme vous forme aux besoins des enfants, aux gestes d’hygiène et de sécurité, et à la relation avec les familles. D’autres titres professionnels du secteur sanitaire et social (assistant de vie aux familles, moniteur-éducateur) peuvent aussi enrichir votre candidature.
| Diplôme | Niveau | Durée | Atouts pour AESH |
|---|---|---|---|
| DEAES | Niveau 3 (CAP-BEP) | 9 à 24 mois | Spécialisation handicap, posture éducative |
| CAP AEPE | Niveau 3 | 10 mois à 2 ans | Connaissance de l’enfant, accompagnement quotidien |
| Titre professionnel ADVF | Niveau 3 | 6 à 12 mois | Aide à la personne, autonomie |
Si vous êtes déjà en poste ou avez une expérience significative dans le secteur, la VAE vous permet de faire reconnaître vos compétences sans repasser par la case formation complète. C’est une option stratégique pour sécuriser votre carrière et évoluer par la suite.
Reconversion professionnelle vers AESH : sécuriser son projet étape par étape
Si vous envisagez une reconversion vers le métier d’AESH, commencez par vérifier que ce choix correspond à vos valeurs et à votre mode de vie. Une immersion d’une ou deux semaines dans un établissement scolaire, du bénévolat auprès d’associations spécialisées ou des échanges avec des AESH en poste vous aideront à mesurer la réalité du terrain.
Ensuite, réalisez un bilan de compétences pour identifier vos savoir-faire transférables : gestion du stress, communication, organisation, capacité d’adaptation. Ces compétences, souvent acquises dans d’autres métiers (commerce, santé, animation), sont précieuses pour accompagner des élèves en situation de handicap. Le bilan vous permettra aussi de repérer les formations complémentaires à suivre pour renforcer votre profil.
Pensez à mobiliser vos droits à la formation (CPF, Pôle emploi, transitions pro) pour financer un diplôme ou une préparation au concours. Certaines régions proposent des dispositifs spécifiques pour les métiers en tension, dont fait partie l’AESH. Enfin, construisez un projet réaliste en tenant compte de vos contraintes financières, familiales et géographiques : le passage à temps partiel ou la nécessité de se déplacer peuvent impacter votre budget et votre organisation quotidienne.
Formations AESH proposées par l’Éducation nationale et organismes spécialisés
Une fois recruté, vous bénéficiez d’une formation institutionnelle organisée par votre académie. Mais vous pouvez aussi enrichir vos compétences grâce à des modules spécialisés ou des ressources en ligne. Cette partie détaille le contenu, les modalités et les dispositifs de formation continue pour vous aider à monter en compétences tout au long de votre carrière.
Comment se déroule la formation initiale AESH assurée par l’académie ?
Dès votre prise de poste, l’académie vous propose une formation d’adaptation à l’emploi, généralement répartie sur 60 heures durant la première année. Cette formation alterne apports théoriques en groupe et accompagnement sur le terrain. Vous y abordez le cadre légal de l’école inclusive, les différents types de handicap (troubles du spectre autistique, troubles dys, déficience motrice, sensorielle), les gestes professionnels et la coopération avec les enseignants.
Les sessions de formation sont souvent organisées par demi-journées ou journées complètes, en fonction des contraintes de service. Vous partagez vos premières expériences avec d’autres AESH débutants, ce qui permet de mutualiser les questionnements et de trouver des solutions concrètes. Les formateurs, issus du milieu scolaire ou médico-social, apportent des éclairages théoriques et des outils pratiques directement utilisables en classe.
Cette formation initiale ne fait pas de vous un expert, mais elle pose les bases indispensables pour démarrer sereinement. Elle vous aide à comprendre votre rôle, à identifier vos limites et à savoir vers qui vous tourner en cas de difficulté. Votre tuteur ou référent pédagogique dans l’établissement complète ce dispositif en vous accompagnant au quotidien.
Formations continues et modules spécialisés : enrichir sa pratique d’accompagnement
Après plusieurs mois ou années d’exercice, vous pouvez accéder à des formations continues pour approfondir certaines thématiques. Les académies et organismes partenaires (INSHEA, associations spécialisées, plateformes de formation) proposent des modules sur l’autisme, les troubles du comportement, les outils de communication alternative (Makaton, pictogrammes), l’accessibilité numérique ou encore la gestion des situations de crise.
Ces formations vous permettent de mieux comprendre les besoins spécifiques de certains élèves et d’ajuster vos pratiques. Par exemple, un module sur l’autisme vous donnera des clés pour anticiper les situations anxiogènes, structurer le temps et l’espace, et favoriser la communication avec des élèves non verbaux. Un autre module sur les troubles dys vous aidera à adapter les supports pédagogiques et à coordonner votre action avec les rééducateurs.
Les formations continues favorisent aussi les échanges entre AESH, souvent isolés dans leur établissement. Ces temps de partage sont précieux pour sortir de la solitude professionnelle, confronter ses pratiques et trouver du soutien. N’hésitez pas à solliciter votre hiérarchie pour accéder à ces dispositifs, souvent financés par l’académie.
Formation AESH à distance et autoformation : quelles solutions pour se former en ligne ?
Si vous souhaitez anticiper votre reconversion ou compléter vos connaissances en dehors des sessions académiques, plusieurs ressources en ligne s’offrent à vous. Des MOOC (cours en ligne ouverts à tous) comme ceux proposés par l’Université de Grenoble ou Réseau Canopé abordent l’école inclusive, les troubles d’apprentissage et les stratégies d’accompagnement. Ces cours gratuits vous permettent d’apprendre à votre rythme, avec des vidéos, des quiz et des forums d’échange.
Certaines associations et plateformes privées proposent aussi des formations AESH à distance, payantes ou accessibles via le CPF. Elles peuvent inclure des webinaires en direct, des études de cas et un accompagnement personnalisé. Vérifiez toujours la reconnaissance de ces formations et leur adéquation avec les attentes de l’Éducation nationale avant de vous engager financièrement.
L’autoformation ne remplace pas l’expérience de terrain ni les formations institutionnelles, mais elle constitue un complément utile pour préparer votre candidature, combler des lacunes ou approfondir un sujet qui vous intéresse. Les podcasts, blogs spécialisés et groupes Facebook d’AESH sont également des sources d’information et de soutien informel à ne pas négliger.
Construire une carrière durable comme AESH et envisager des évolutions
Se former au métier d’AESH, c’est aussi réfléchir à la pérennité de votre projet professionnel. Cette dernière partie vous donne des repères pour sécuriser votre poste, préserver votre équilibre au quotidien et envisager des évolutions de carrière. L’objectif est de faire de ce métier une étape durable et enrichissante de votre parcours.
Comment préparer son entretien de recrutement AESH et valoriser sa formation suivie ?
L’entretien de recrutement AESH est l’occasion de montrer votre compréhension du métier et de relier vos compétences aux besoins concrets des élèves. Préparez des exemples précis illustrant votre capacité d’adaptation, votre gestion du stress et votre aptitude à coopérer avec une équipe. Si vous avez suivi une formation (DEAES, CAP AEPE, modules spécialisés), expliquez comment elle vous a préparé à accompagner des enfants en situation de handicap.
Montrez que vous connaissez le cadre du métier : vous savez que vous n’êtes pas enseignant, que vous travaillez en lien avec le PPS, que vos horaires peuvent être morcelés. Cette lucidité rassure les recruteurs sur votre engagement à long terme. Préparez aussi des questions à poser sur l’organisation de l’académie, les formations continues proposées ou les modalités d’accompagnement en début de poste.
Enfin, soignez votre présentation et votre posture : empathie, écoute et professionnalisme sont les qualités recherchées. Un discours clair, bienveillant et réaliste fera la différence face à des candidats moins préparés.
Prévenir l’usure professionnelle et préserver son équilibre en tant qu’AESH
Le métier d’AESH peut être émotionnellement exigeant, surtout face à des situations de handicap sévère, de souffrance familiale ou de comportements difficiles. Pour tenir dans la durée, il est essentiel de poser des limites claires : vous êtes un professionnel, pas un sauveur. Apprenez à déconnecter en dehors des heures de travail et à ne pas porter seul le poids des difficultés de l’élève.
Participez aux temps d’échange organisés par votre établissement ou votre académie : réunions d’équipe éducative, groupes d’analyse de pratiques, temps de régulation entre AESH. Ces espaces de parole permettent de verbaliser les tensions, de trouver des solutions collectives et de sortir de l’isolement. N’hésitez pas non plus à solliciter votre hiérarchie ou la médecine de prévention si vous ressentez une fatigue persistante ou un épuisement.
Prendre soin de votre santé physique est tout aussi important : le métier demande parfois des gestes répétitifs (porter un élève, manipuler du matériel lourd) qui peuvent entraîner des troubles musculo-squelettiques. Formez-vous aux gestes et postures adaptés et signalez rapidement tout problème à votre employeur.
Quelles évolutions de carrière envisager après plusieurs années comme AESH ?
L’expérience d’AESH peut constituer un tremplin vers d’autres métiers du secteur social, médico-social ou éducatif. Avec une formation complémentaire, vous pouvez devenir éducateur spécialisé, moniteur-éducateur, accompagnant social ou encore enseignant spécialisé. Le DEAES, souvent accessible par la VAE après quelques années d’exercice, ouvre notamment la porte à des postes en établissements spécialisés (IME, SESSAD, foyers).
Si vous souhaitez rester dans le milieu scolaire, vous pouvez évoluer vers un poste de coordinateur ULIS, de référent handicap au niveau académique ou de formateur AESH. Ces fonctions demandent de l’expérience, une bonne connaissance du terrain et parfois des compétences supplémentaires en coordination ou en pédagogie.
Certains AESH choisissent aussi de se spécialiser sur certains types de handicap (autisme, surdité, troubles du comportement) et deviennent des ressources reconnues au sein de leur réseau d’établissements. Cette spécialisation peut se construire par la formation continue, l’autoformation et l’expérience accumulée auprès de profils variés.
Quelle que soit votre ambition, gardez à l’esprit que l’expérience AESH valorise des compétences humaines et professionnelles solides, recherchées dans de nombreux secteurs. En construisant dès le départ un projet de formation cohérent, en vous formant régulièrement et en prenant soin de vous, vous donnez toutes les chances à votre parcours de s’épanouir sur le long terme.






