Vous envisagez de devenir orthophoniste ou vous exercez déjà et vous vous interrogez sur le salaire réel du métier ? Entre chiffres officiels, écarts entre secteur public et libéral, charges et évolution de carrière, il est facile de se perdre. Ce guide vous donne une vision claire et structurée du salaire d’un orthophoniste, puis détaille tous les facteurs qui l’influencent pour vous aider à vous projeter concrètement.
Comprendre rapidement le salaire d’un orthophoniste en France

Avant de plonger dans les détails, il est essentiel de poser des repères chiffrés simples. Un orthophoniste débutant en milieu hospitalier touche environ 2 000 à 2 200 euros net par mois. Après cinq ans d’expérience, ce montant atteint généralement 2 400 à 2 800 euros net. En libéral, les revenus varient bien davantage : un jeune diplômé peut gagner entre 1 800 et 2 500 euros net mensuels, puis progresser vers 3 000 à 4 500 euros net après plusieurs années, selon son organisation et sa patientèle.
Quels sont les revenus moyens d’un orthophoniste selon son statut ?
Le statut influence directement le niveau de rémunération. Un orthophoniste salarié dans le secteur public bénéficie d’une grille indiciaire précise. Son salaire brut mensuel démarre autour de 2 600 euros, pour atteindre environ 3 500 euros en fin de carrière, soit 2 000 à 2 700 euros net. Dans le privé, les salaires peuvent être légèrement supérieurs, avec une moyenne de 2 200 à 3 000 euros net selon l’établissement et l’ancienneté.
En libéral, le chiffre d’affaires annuel moyen oscille entre 50 000 et 80 000 euros. Après déduction des charges sociales et professionnelles, le revenu net se situe généralement entre 30 000 et 50 000 euros par an, soit 2 500 à 4 200 euros net mensuels. Les écarts sont importants et dépendent de multiples paramètres que nous détaillerons plus loin.
Salaire d’un orthophoniste débutant puis après quelques années de pratique
Le début de carrière en orthophonie démarre souvent modestement. Un orthophoniste salarié en hôpital perçoit environ 2 000 euros net par mois la première année. Après trois à cinq ans, ce salaire progresse à 2 400-2 600 euros net. En secteur privé, les montants démarrent légèrement plus haut, autour de 2 200 euros net, puis évoluent vers 2 800 euros net avec l’expérience.
Pour un orthophoniste libéral, la première année reste souvent difficile. Le temps de constituer une patientèle stable, les revenus nets peuvent stagner autour de 1 800 à 2 200 euros par mois. Dès la troisième année, avec une organisation efficace et un agenda bien rempli, il n’est pas rare d’atteindre 3 000 à 3 500 euros net mensuels. À partir de cinq ans, certains professionnels dépassent les 4 000 euros net par mois.
Comparaison du salaire d’un orthophoniste avec d’autres métiers de santé
Pour situer l’orthophonie dans le paysage paramédical, voici quelques repères. Un infirmier débutant en hôpital gagne environ 1 900 euros net par mois, avec une progression similaire à l’orthophoniste salarié. En libéral, un infirmier peut atteindre 3 000 à 4 000 euros net, mais avec des horaires souvent plus contraignants.
| Profession | Salaire débutant (net) | Salaire après 5 ans (net) | Durée d’études |
|---|---|---|---|
| Orthophoniste (salarié) | 2 000 – 2 200 € | 2 400 – 2 800 € | 5 ans |
| Orthophoniste (libéral) | 1 800 – 2 500 € | 3 000 – 4 500 € | 5 ans |
| Infirmier (salarié) | 1 900 – 2 100 € | 2 300 – 2 600 € | 3 ans |
| Kinésithérapeute (libéral) | 2 000 – 2 800 € | 3 500 – 5 000 € | 5 ans |
| Psychomotricien (salarié) | 1 800 – 2 000 € | 2 200 – 2 600 € | 3 ans |
Le kinésithérapeute libéral affiche des revenus légèrement supérieurs en moyenne, notamment grâce à un nombre d’actes quotidiens plus élevé. Le psychomotricien, souvent salarié, présente des salaires proches de ceux de l’orthophoniste en établissement. L’orthophonie se situe donc dans la moyenne haute des professions paramédicales, avec une meilleure rémunération en libéral qu’en salariat, à condition d’accepter les contraintes entrepreneuriales.
Ce qui fait varier le salaire d’un orthophoniste au quotidien

Au-delà des chiffres moyens, le salaire d’un orthophoniste dépend d’une multitude de paramètres concrets. Le lieu d’exercice, le volume de séances hebdomadaires, la spécialisation choisie et le statut professionnel jouent tous un rôle déterminant. Comprendre ces leviers permet d’optimiser vos revenus sans compromettre votre équilibre de vie.
Comment le choix entre libéral et salariat impacte fortement la rémunération ?
Le statut libéral offre généralement un potentiel de revenu supérieur. Un orthophoniste qui parvient à constituer rapidement une patientèle solide peut gagner 1 000 à 2 000 euros net de plus par mois qu’un salarié. En contrepartie, il assume la charge mentale de la gestion administrative, des impayés éventuels et de l’irrégularité des revenus, surtout les premières années.
Le salariat garantit une stabilité précieuse : salaire fixe chaque mois, congés payés, cotisations retraite et prévoyance gérées par l’employeur. Cette sécurité convient particulièrement aux jeunes diplômés qui souhaitent apprendre le métier sans pression financière, ou aux professionnels qui préfèrent un équilibre vie privée-vie professionnelle cadré. En revanche, la progression salariale reste limitée, avec des augmentations souvent liées à l’ancienneté et aux grilles conventionnelles.
Effet du lieu d’exercice, de la patientèle et des horaires sur le revenu
Un cabinet implanté en zone sous-dotée, comme certaines régions rurales du centre de la France, se remplit très vite. La demande y dépasse largement l’offre, permettant de constituer un planning complet en quelques mois. À l’inverse, dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Bordeaux, la concurrence est forte et il faut parfois deux ans pour stabiliser une patientèle suffisante.
Le type de patients suivi influence également le rythme. Un orthophoniste spécialisé en troubles de la déglutition ou en rééducation neurologique peut facturer des séances plus longues et mieux valorisées. À l’inverse, une pratique centrée sur les enfants en retard de langage génère un volume d’actes plus important mais de durée plus courte. L’amplitude horaire compte aussi : un professionnel qui accepte de recevoir tôt le matin ou en fin de soirée maximise son nombre de rendez-vous, donc son chiffre d’affaires.
Séance, nomenclature et convention : comment les actes structurent le chiffre d’affaires
En France, les actes d’orthophonie sont encadrés par la Nomenclature générale des actes professionnels (NGAP). Une séance classique de rééducation est facturée entre 15 et 30 euros selon le type de trouble et la durée. Le bilan orthophonique, réalisé avant toute prise en charge, rapporte environ 60 à 150 euros selon sa complexité.
Un orthophoniste libéral qui effectue 25 séances par semaine à 25 euros en moyenne génère environ 2 500 euros de chiffre d’affaires hebdomadaire, soit 10 000 euros mensuels. Sur ce montant brut, il faut déduire les cotisations sociales, les charges du cabinet et les impôts, pour arriver au revenu net final. La maîtrise de cette nomenclature et l’optimisation du planning sont donc essentielles pour piloter efficacement son activité.
Salaire d’un orthophoniste libéral : du chiffre d’affaires au revenu net
Les montants évoqués pour l’orthophoniste libéral sont souvent trompeurs, car ils mélangent chiffre d’affaires, bénéfice et rémunération personnelle. Cette partie détaille, étape par étape, le passage des honoraires encaissés au revenu réellement disponible à la fin du mois.
Quelles charges sociales et professionnelles pèsent sur l’orthophoniste libéral ?
Un orthophoniste libéral reverse environ 22 à 25 % de son chiffre d’affaires en cotisations sociales à l’URSSAF. Ces cotisations couvrent la maladie, la maternité, la retraite de base et complémentaire, ainsi que la formation professionnelle. S’ajoutent ensuite les frais de fonctionnement : loyer du cabinet (entre 300 et 800 euros par mois selon la localisation), assurance responsabilité civile professionnelle (150 à 300 euros par an), adhésion à un syndicat ou une association, logiciel de gestion et de télétransmission (30 à 50 euros mensuels), matériel de rééducation et documentation.
En moyenne, les charges professionnelles représentent 10 à 15 % du chiffre d’affaires. Au total, près de 35 à 40 % du chiffre d’affaires brut part en charges avant même de calculer l’impôt sur le revenu. Cette réalité explique pourquoi un chiffre d’affaires de 60 000 euros ne correspond pas à un revenu net de 5 000 euros par mois.
Salaire net d’un orthophoniste libéral : illustration chiffrée et marge de manœuvre
Prenons l’exemple d’un orthophoniste réalisant 60 000 euros de chiffre d’affaires annuel. Après déduction des charges sociales (environ 14 400 euros) et des frais professionnels (environ 7 200 euros), il reste 38 400 euros de bénéfice imposable. Après l’impôt sur le revenu, variable selon le foyer fiscal, le revenu net disponible se situe autour de 32 000 à 35 000 euros par an, soit environ 2 700 à 2 900 euros net par mois.
Pour augmenter ce revenu, plusieurs leviers existent : augmenter le nombre de séances hebdomadaires, optimiser les plages horaires pour réduire les temps morts, diversifier les actes facturés en se formant à de nouvelles techniques, ou encore mutualiser les frais de cabinet en partageant un local avec d’autres professionnels de santé. L’objectif reste de trouver un équilibre entre rentabilité et qualité de vie, sans tomber dans une logique d’hyper-productivité épuisante.
Fiscalité, choix du statut et impact sur le revenu disponible chaque mois
La majorité des orthophonistes libéraux exercent en BNC (Bénéfices non commerciaux) au régime réel. Ce régime permet de déduire l’ensemble des charges réelles, ce qui est souvent plus avantageux que le micro-BNC, plafonné à 77 700 euros de chiffre d’affaires avec un abattement forfaitaire de 34 %.
Certains orthophonistes choisissent de créer une société d’exercice libéral (SEL) pour optimiser leur fiscalité, notamment quand leur revenu dépasse 50 000 euros annuels. Ce choix demande un accompagnement comptable plus poussé, mais permet de mieux piloter la rémunération et les cotisations sociales. Un expert-comptable spécialisé en professions libérales peut vous aider à choisir le statut le plus adapté à votre situation personnelle et familiale.
Perspectives d’évolution, spécialisations et avenir du salaire en orthophonie
Au-delà du salaire immédiat, beaucoup d’orthophonistes s’interrogent sur l’évolution de leurs revenus sur le long terme. Le métier se transforme : vieillissement de la population, besoins croissants en neurologie, émergence du numérique en santé, revalorisations tarifaires possibles. Cette dernière partie ouvre la perspective et vous aide à construire une trajectoire durable.
Comment le salaire d’un orthophoniste évolue-t-il au fil de la carrière ?
Avec l’expérience, l’orthophoniste gagne en rapidité et en efficacité. Un professionnel confirmé réalise les mêmes actes en moins de temps, ce qui lui permet d’augmenter son nombre de rendez-vous quotidiens sans s’épuiser. La fidélisation de la patientèle réduit aussi le temps consacré à la recherche de nouveaux patients et limite les trous dans l’agenda.
En salariat, les augmentations suivent les grilles de la fonction publique ou des conventions collectives du secteur privé. Un orthophoniste hospitalier peut espérer une progression d’environ 30 à 40 % entre le début et la fin de carrière, mais sans possibilité de dépassement d’honoraires. En libéral, la progression est plus variable mais peut atteindre 60 à 80 % entre la troisième et la dixième année d’exercice, à condition de maintenir un volume d’activité soutenu.
Spécialisation, formation continue et responsabilités : des atouts pour mieux gagner
Certaines spécialisations rendent un orthophoniste plus recherché. La prise en charge des troubles neurologiques (aphasie, dysphagie post-AVC), la rééducation vocale pour les professionnels de la voix (enseignants, chanteurs) ou encore l’accompagnement des personnes atteintes de maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer) sont des niches porteuses. Ces compétences s’acquièrent par la formation continue, souvent financée par le DPC (Développement professionnel continu).
Devenir formateur, participer à des réseaux de soins coordonnés ou superviser des stagiaires enrichit aussi votre profil. Ces responsabilités ne génèrent pas toujours une rémunération directe supplémentaire, mais renforcent votre visibilité et peuvent déboucher sur des opportunités professionnelles mieux rémunérées : postes de coordination, missions de conseil, interventions en institutions spécialisées.
Tendances du métier, pénurie de professionnels et impact sur les revenus futurs
La France compte environ 28 000 orthophonistes en exercice, pour une demande en constante augmentation. Les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous dépassent souvent six mois dans de nombreuses régions. Cette tension entre offre et demande devrait se maintenir dans les années à venir, compte tenu du vieillissement de la population et de la reconnaissance croissante des troubles du langage et de la communication.
Les pouvoirs publics envisagent régulièrement des revalorisations tarifaires pour rendre le métier plus attractif et limiter les déserts médicaux. En 2023, une revalorisation de certains actes a été actée, avec une hausse de 5 à 10 % selon les types de séances. Si cette dynamique se poursuit, le salaire moyen des orthophonistes libéraux pourrait progresser de 10 à 15 % d’ici 2030. Parallèlement, l’essor de la téléconsultation ouvre de nouvelles possibilités d’organisation, permettant de toucher des patients éloignés sans multiplier les déplacements.
En conclusion, le salaire d’un orthophoniste en France varie de 2 000 euros net par mois en début de carrière salariée à plus de 4 500 euros net en libéral confirmé. Cette fourchette large reflète la diversité des parcours, des choix de vie et des opportunités du terrain. Qu’importe le statut choisi, l’orthophonie offre une rémunération honorable dans le paysage paramédical, avec des perspectives d’évolution réelles pour qui sait concilier expertise, organisation et sens du service.
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